Sortir au plus vite de l’impasse et ne pas se laisser distancer par la concurrence de manière irréversible. Air France n’a plus le choix si elle veut survivre dans des conditions économiques qui se sont singulièrement durcies. Après des mois de conflit étalés sur une quinzaine de jours de grève cumulés et près de 400 millions d’euros de perdus, l’intersyndicale, SNPL en tête, avait déposé un préavis pour la période du 23 et 26 juin, un des grands week-ends de départ. Il a été levé à la dernière minute, mais maintenu par le SPAF (Syndicat des Pilotes d’Air France), l’autre syndicat de pilotes. On pensait que la démission de Jean-Marc Janaillac, l’ancien P-DG, en mai et l’arrivée rapide d’Anne-Marie Couderc avaient ouvert une sorte de période d’apaisement en attendant qu’un nouveau président soit choisi. L’échéance était d’ailleurs au départ calée pour septembre. Le préavis et l’ambiance lourde dans la compagnie ont incité le Gouvernement à accélérer les choses avec une nomination maintenant prévue pour le 15 juillet. L’échec de Jean-Marc Janaillac (55 % de salariés consultés étaient opposés à son projet) a d’autre part conforté l’intersyndicale, SNPL en tête, de maintenir la pression sur la direction afin de ne pas lui laisser penser qu’elle peut gagner du temps. Cette menace de la grève est d’autant plus étonnante que le dernier préavis déposé en mai n’avait rassemblé que 14 % des PNT du syndicat, montrant clairement une forme de lassitude et d’incompréhension d’une grande majorité des pilotes.

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