Décidément, les adversaires de l’héliport d’Issy-les-Moulineaux ne baisseront jamais les armes. Cette fois, c’est Philippe Goujon, député Les Républicains qui s’y colle. Il s’est fendu d’une lettre ouverte à ses administrés pour expliquer qu’il a présenté un vœu à un conseil d’arrondissement. Il rappelle au gouvernement son engagement de fermer l’héliport et à la maire de Paris de mettre un terme à la concession passée avec ADP. La réaction soudaine de l’élu est liée à une modification des trajectoires devant survoler les installations du ministère de la Défense. Ce dernier avait, en effet, demandé la fermeture du site dont l’exploitation paraissait dangereuse pour ses installations. Le refus de la DGAC a été appuyé par l’État et donc les trajectoires ont bien été modifiées à cet effet. Le député furieux explique que les appareils survolent donc « les boulevards extérieurs au détriment des riverains ». L’UFH rappelle à juste titre que non seulement l’héliport est depuis des décennies compatibles avec l’activité d’installations militaires comme les services techniques des constructions navales de la Marie nationale et surtout de la base aérienne 117 à « Balard ». Surtout, l’UFH rappelle que le tracé actuel est celui de la procédure générale qui s’appliquait à tous les mouvements et celle-ci a fait ses preuves en matière technique et de sécurité. L’association qui regroupe le Syndicat national des exploitants d’hélicoptère (SNEH) et le Groupement français de l’hélicoptère (GFH) rappelle également que cette trajectoire a été utilisée 19 fois depuis trois mois, la mise en place de cette mesure, ce qui fait un mouvement tous les 4,7 jours… Même si les appareils peuvent apparaître bruyants par rapport à un bruit de vélo, cela ne ressemble pas un harcèlement quotidien. L’UFH rappelle enfin que la plateforme est sécurisée avec la présence permanente d’une brigade de gendarmerie des transports aériens. Enfin, la fermeture du site est un bon vieux serpent de mer, un argument vert pour les consultations électorales. Mais acter cette fermeture serait, on sait, une hérésie sur le plan de la sécurité. La France est déjà (comme pour de nombreux sujets) la risée du monde pour notre rapport urbain avec l’hélicoptère et surtout pour tous ceux qui l’utilisent comme un outil de travail et un moyen de transport rapide. Quand la France cessera-t-elle de confondre hélicoptère et privilèges ?