Seul pilote à bord, un lecteur a volé fatigué, de nuit, avec des risques de givrage et la pression du contrôle aérien. Il n’a absolument pas compris ce qui lui arrivait lorsque son pilote automatique a lâché car… il sommeillait !

A posteriori, quand la fin de l’histoire est connue, on se dit : « Mais bien sûr, c’était évident » et pourtant ! Revenons sur le contexte de cette histoire qui m’est arrivée plusieurs années en arrière : j’étais jeune, beau peut-être, et avec cette subtile dose d’inconscience qui vous fait tout voir de manière positive.

À la fin novembre, je dois faire un vol de 1 800 Nm aux commandes de mon Rockwell Commander non dégivré, de Paris vers des rivages méditerranéens ensoleillés. J’ai, bien sûr, prévu un stop à mi-chemin. La météo est classique pour l’Europe de l’Ouest à cette période de l’année, c’est-à-dire des couches nuageuses plus ou moins soudées jusqu’au FL150, accompagnées de givrage et, pour pimenter le vol, celui-ci doit se dérouler intégralement de nuit.

Contrairement à ce que j’aurais pu imaginer, la première moitié du vol va globalement se dérouler sans d’autre problème que de passer de couches de givrage modéré à d’autres couches de givrage modéré. J’atterris content pour refaire le plein dans un aéroport désert à cette période de l’année. Ma compagne et moi croyons légitimement avoir fait le plus dur et c’est justement à ce moment, alors que rien ne pouvait le laisser présager, que l’intrigue va subrepticement se nouer sans même que nous nous en apercevions.

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