Un Vertiport dans l’aéronautique du futur est une plateforme d’envol des eVTOL, ces appareils, électriques ou hybrides, pilotés ou non, qui ont vocation à créer une nouvelle forme de mobilité urbaine.  On a vu les projets émerger il y a quelques années dans la logique du développement des drones, comme se sont développés les avions électriques quand Yuneec a agrandi la taille de ses modèles réduits. Depuis, on ne compte plus les eVTOL potentiels entre celui d’Uber, le Nexus, conçu avec Bell Helicopter et Safran et ceux d’Airbus, le Vahana et le CityAirbus, hexamoteurs, multipassagers et piloté automatiquement. L’arrivée de l’électrique dans l’aérien s’accélère.

La promesse d’un transport de passagers, qui s’affranchit de la congestion urbaine et qui est « durable », ouvre des perspectives pour les grandes institutions comme les constructeurs de type Airbus, le spécialiste du transport urbain comme la RATP, et bien sûr les experts en matière d’installations aéroportuaires comme ADP. Les responsables d’Aéroport de Paris estiment que la technologie eVTOL peut servir dans un premier temps pour les liaisons ville/aéroport et ils souhaitent qu’ADP soit le catalyseur de cette nouvelle activité et la développe sur l’ensemble de ses 24 aéroports. À titre expérimental, ADP va construire sur l’une de ses 10 plateformes parisiennes un vertiport qui servira donc à tester ce type de transport, voire une ligne régulière entre ce vertiport et l’un de ses aéroports internationaux. Le choix sera effectué à la fin de l’année ; il devra répondre à une vingtaine de critères (sécurité accès, espace disponible, environnement urbain… ).

Ce projet permettra de tester les contours de cette technologie : opérations au sol, fourniture d’énergie, accès passagers, etc. La technique envisagée sera celle d’un posé sur plateau qui sera mobile pour aller au plus près des passagers, le déplacement n’utilisant pas la motricité de la machine, pour des raisons évidentes de consommation d’énergie. Naturellement, la création de cette desserte sera fonction des besoins de capacités de la zone de chalandise. L’intérêt de la technologie des « plateaux » est de pouvoir accueillir tous les types d’appareils afin « accompagner le marché », comme l’explique ADP. Cette décision a le mérite de participer activement à l’accélération du processus. On ne sait pas encore si ces eVTOL seront pilotés ou non. Il restera à mettre en place tout le dispositif sécurité des vols et certification. Quel dommage, surtout, que ce dispositif n’ait pas été imaginé pour l’hélicoptère, d’autant  qu’Airbus Helicopter s’est également engagé vers une motorisation électrique et hybride plus compatible avec la contrainte environnementale !

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