Il faudra bien un remplaçant au fameux PC Porter tant son usage est répandu et ses qualités techniques appréciées. Dans deux ans, le PC-6 ne sera plus produit par Pilatus, le constructeur suisse continuera à prendre des commandes jusqu’en 2018. C’est un abandon en rase campagne de tous les propriétaires, privés ou étatiques qui ne jurent que par cette bête de somme. Et même s’il était produit depuis 1959 ( 58 ans de bons et loyaux services ), pour son usage et son spectre d’utilisation, il n’avait pas pris une ride technique. Les plus grands utilisateurs restent les clubs de para. L’avion monte en flèche, gorgés de 10 para prêts à en découdre avec le vide, il redescend tout aussi vite, appuyé sur son hélice qui le freine dans sa course vers la planète. L’Alat en dispose de quelques exemplaires ainsi que les Forces spéciales, affectés à des transports de pièces ou aux missions discrètes. Il a été également transformé en Bombardier d’eau, Fairchild aux USA lui a collé un canon rotatif de 20 mm… Et pourtant, 500 Pilatus ont été produits en 58 ans, un peu moins de 10 par an, on est loin du stakhanovisme de chaînes de montage automobiles. Il a été acheté par plus d’une trentaine de pays. Mais le PC 6 était bien le roi des terrains escarpés à l’aise en montagne, capable de grimper à pleine charge à plus 5700 mètres d’altitude. Le prototype « le yeti » a appuyé une expédition suisse en 1960 dans l’Himalaya. Le constructeur assure que le suivi des appareils sera assuré encore pendant 20 ans. Quelle est stratégie de Pilatus ? Certainement, se concentrer sur la fabrication des PC24 plus prestigieux et surtout gourmand en ressources internes. Même si le PC24 est dit également « versatile », il sera nettement moins facile de sauter du jet… Alors se posera la question du remplaçant du PC-6 Porter. Comme pour le Twin Otter, pourquoi ne pas envisager une (re) fabrication par un avionneur qui détiendrait des droits de construction… Pour l’heure, cet arrêt production devrait profiter au principal concurrent du PC6, le tout aussi fameux Cessna Grand Caravan qui larguent également quelques paras à ses heures.