La mini polémique sur la disponibilité des appareils de la Sécurité civile cet été en Corse avait abouti à un engagement du ministre de l’Intérieur en faveur de l’achat de six appareils de lutte contre les incendies. Mi-janvier, Gérard Collomb, le ministre de l’Intérieur a acté l’achat par la France à la société Conair de six appareils Q400 produits par Bombardier pour un montant d’environ 400 millions d’euros. Ces appareils sont équipés du dernier système de déversement de produit ignifuge développé par Conair. L’intérêt technique de ce choix est de pouvoir démonter le réservoir de produit et ainsi de rendre à l’appareil sa configuration initiale. Cette dernière permet alors d’effectuer des transports de personnel en toute discrétion (reconduite) voire d’acheminer des équipes et du matériel à l’autre bout du Monde en cas de catastrophe naturelle demandant l’intervention d’équipes de pompiers spécialisés. Ils peuvent également être affectés à de la surveillance ou de la patrouille. Le premier de ces appareils devrait être livré à partir de 2019, ces six avions viendront compléter la flotte de 2 Dash 8 Q400 déjà opérationnels au sein de la Sécurité civile. Le Q400, grand rival de l’ATR, peut être exploité, selon son constructeur, à partir de pistes non préparées, avec des approches à pente prononcées et des atterrissages courts. La puissance de ses moteurs en fait un avion rapide, croisant à près de 700 km/h. L’achat de Canadair a été assez vite abandonné, car la chaîne de fabrication est arrêtée depuis plusieurs années et la relancer aurait demandé des investissements nettement plus lourds. Il y a bien eu une tentative de fédérer des demandes au plan européen pour l’achat de Canadair, mais elle n’a pas abouti. Côté pilote, on est satisfait, car aucun renouvellement de la flotte n’avait été opéré depuis 10 ans, ce au moment où la période estivale 2017 a été particulièrement tendue sur le front des feux de forêt. Ainsi, plus de 19 000 hectares ont été dévastés et l’activité de la flotte a connu une hausse de 120 % en heures de vol et 190 % en termes de largage (10000), ce alors que la disponibilité des appareils connaissait des ratés. Cet été, il a par ailleurs été acté le manque de trois hélicoptères. Ils devraient être logiquement budgétés en 2019 et ce seront, pour des raisons évidentes de gestion, des EC 145.