Quand la Chine s’éveillera, le monde tremblera… La phrase est connue, je l’ai longtemps attribuée à Alain Peyrefitte, sans savoir qu’il s’agissait d’une prédiction de Napoléon, mais je ne sais pas encore si nous devons trembler en sachant que les sociétés Continental Motors, Piper, Mooney, Cirrus, Enstrom, Lisa Airplanes, Sky Aircraft et quelques autres appartiennent désormais à des groupes chinois. Il est par contre certain que le climat a changé. Par exemple, l’ambiance d’un salon aéronautique chinois n’a rien à voir avec celle d’un salon américain ou français. Ainsi, le mois dernier, nous espérions pouvoir ramener de Zhuhai des impressions de vol sur le LE500, le quadriplace d’aviation générale, conçu et produit par la China National Aero-Technology Import & Export Corporation (CATIC). Cet appareil, équipé du même moteur Lycoming IO-540 que le TB-20, dont il a presque les mêmes données descriptives, presque les mêmes performances annoncées, et presque le même aspect, nous intrigue depuis quelques années déjà. Mais non, cela a été impossible. À défaut de pouvoir voler sur le LE500, nous aurions aimé nous asseoir dans l’appareil, observer ses équipements, sentir la machine, en comprendre l’originalité, peut-être. Mais non, cela nous a été tout aussi impossible. Quand je dis nous, il ne s’agit pas de moi car, personnellement, je n’ai pas remis les pieds en Chine depuis 1988 et la livraison de TB-20 à l’Université Aéronautique de l’Aviation Civile Chinoise (CAFUC) à partir de Hong Kong. J’y étais entré comme pilote et non comme journaliste, car le visa presse était alors systématiquement refusé. Malgré cela, ma présence dans l’équipe Socata avait été détectée, avant même que mon Boeing ne se pose à Kai Tac. Peut-être ai-je eu raison de m’abstenir car Emmanuel Davison a rencontré à Chengdu un des responsables de CAFUC qui ne m’avait pas oublié…

Si nous n’avons donc rien pu vérifier du LE500, cela a au moins piqué notre curiosité, et surtout relancé notre intérêt pour notre TB-20 « made in France », cet avion qui, rappelons-le, a été mis en service en 1982 et dont le dernier exemplaire a été construit en 2005. Il y a plusieurs raisons à cela. La première est que, justement, cet avion a été construit à 2 200 exemplaires, ce qui est un chiffre important à défaut d’être considérable, et qu’il reste un best-seller sur le marché de l’occasion, pour tous ceux qui recherchent un bel avion IFR facile à piloter, confortable et dégivré. Il se négocie en dessous de 200 000 euros selon l’équipement, alors que le prix d’un avion neuf de dernière génération était trois fois plus élevé… La seconde est que l’idée de relancer la production des TB-20 Trinidad a toujours été dans l’air, et qu’en ce début d’année 2015 c’est encore plus le cas ! Le moment est donc est idéal pour parler du futur TB-20 ECOJET. Cela fait longtemps que nous avons vent de projets divers de relance, nous avons d’ailleurs parfois rencontré leurs initiateurs… mais il semble, cette fois, que le projet est bien avancé, suffisamment pour qu’on ait le droit de vous en parler !

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