Par Jean-Michel Bossuet, Photos de l’auteur et Hop !

Alexandre de Juniac est un homme déterminé. Le projet de création d’une compagnie Transavia Europe, activement soutenu par le dirigeant, refait surface. On s’attendait plutôt à ce que le projet soit définitivement abandonné, il l’avait d’ailleurs écrit aux dirigeants du SNPL à la suite du conflit conduit par le syndicat en septembre 2015. Un affrontement dur qui a coûté plusieurs centaines de millions d’euros à la compagnie.

Et par certains aspects, ce n’est pas étonnant : Transavia Europe est une voie de développement possible pour éviter l’inexorable perte de vitesse et de parts de marché de la compagnie tricolore. La principale idée sous-tendue par ce projet était de créer une compagnie aérienne avec une structure de coûts plus faibles qu’Air France. Il avait été prévu d’ouvrir une ou plusieurs bases hors de France avec surtout la possibilité d’employer soit des pilotes locaux aux conditions sociales locales, soit des pilotes du groupe Air France mais soumis à ce régime social. On connaît la suite, le SNPL est monté vent debout contre cette voie de développement économique. Cet été, Alexandre de Juniac avait souhaité relancer les discussions autour du projet. Un événement récent pourrait précipiter les choses. Les dirigeants du groupe ont annoncé en comité central d’entreprise groupe une nouvelle organisation du capital de Transavia France et Holland. La première est détenue à 60 % par Air France et 40 % par KLM, la seconde l’est à 100 % par KLM. Elles pourraient être à terme rattachées à une holding financière elle-même rattachée à Air France/KLM. Il y aurait alors trois entités : Air France, KLM et la holding qui disposerait de deux compagnies à part entière sans plus aucun lien organique avec leurs anciennes maisons-mères. Cela offrirait beaucoup plus de souplesse pour mettre en place des bases à l’étranger et recruter des pilotes qui coûtent moins cher.

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