C’est une nouvelle qui a attristé le monde de la collection d’avions anciens et certainement tous les passionnés d’aéronautique : un Junker 52 (trimoteur de 1939) s’est écrasé samedi 4 août dans les Alpes grisonnes au-dessus du territoire de la Suisse germanophone, précisément sur le versant ouest du Piz Segnas qui culmine à plus de 2500 mètres d’altitude. L’accident a fait 20 morts, 17 pax et trois membres d’équipages. L’appareil appartenait à la compagnie suisse JU-AIR qui fait voler deux autres Junker 52 avec pax dans le cadre d’une activité commerciale. L’entreprise de transport qui avait été fondée par d’anciens militaires suisses faisait l’admiration de tous les passionnés d’aviation de collection, ceux qui préfèrent voir ces reliques méticuleusement entretenues en vol au lieu de les contempler sur roue au fond d’un musée. On passera sur les détails du crash… Le plus important reste la tristesse que cet accident suscite. Les passagers qui ont pris place dans ce Junker étaient certainement des passionnés, voire des néophytes qui auraient pu le devenir. Perdre sa vie par passion est insupportable pour l’esprit et les pensées de tous les fondus d’avions que nous sommes convergent anonymement vers les familles des victimes. Cet accident attriste d’une façon générale tous ceux remettent en vol des aéronefs pour garder ouvertes des pages d’histoire et ainsi montrer ce que l’esprit de l’homme a pu concevoir en systèmes ingénieux avec les connaissances de l’époque. Faire revoler ces avions demande une énergie considérable entre la restauration, la fiabilisation des procédures, la maîtrise de l’exploitation, et dans le cas précis de JU-AIR, l’adaptation de ces anciens aéronefs aux règles du transport public actuelles. Il peut se passer des années entre la recherche d’une base solide de restauration (le Junker 52 n’est pas l’appareil le plus répandu malgré le nombre d’avions construits et le rôle qu’il a joué dans la Luftwaffe), le travail d’enquête et de recherche de pièces, les recherches de savoir-faire et enfin la « renaissance » de la machine, le tout dans un cadre réglementaire précis. Il avait fallu plus d’une dizaine d’années pour remettre en vol celui de Cerny (91), fief de l’association Jean-Baptiste Salis. Le JU 52 HB-HOT avait subi une dernière visite de maintenance en juillet. Bien sûr, il sera indispensable de connaître les raisons de cet accident pour analyser au mieux le retour d’expérience. L’objectif est naturellement que ces avions revolent et que l’exploitation continue d’écarter tout danger. JMB