Dans un hangar discret en bois datant de la Seconde Guerre mondiale, dans la campagne profonde anglaise, derrière une lourde porte, des ingénieurs en blouse bleue, pantalon bleu et austères chaussures noires militaires, le crayon dans la poche, tournent autour d’un avion à demi bâché. Ils regardent d’un œil à demi fermé, le long du fuselage, le profil de la machine. Le vol est prévu dans un peu plus d’un an et… Stop arrêtons-là cette histoire aux allures sépia. Nos amis anglais préparent bien un avion, mais il est ultra moderne, ultraperformant et ultraélectrique… Naturellement, il est plutôt né dans des locaux aseptisés, aux allures de laboratoire et les crayons ont laissé la place aux iPads… Dans le cadre du programme ACCEL (pour accélération vers l’aviation électrique), le motoriste Rolls-Royce est en train de construire un racer électrique aux allures de Némésis, ces super bombes de Reno. Il devrait battre le record de vitesse d’un avion à électrons : les 300 mph soit environ 480 km/h sur une distance de 200 miles, soit 320 km. Le vol est prévu pour 2020. C’est l’appareil des superlatifs, car il emportera la batterie « la plus dense jamais fabriquée », en fait, il devrait donc être le racer le plus rapide du monde. Il sera propulsé par trois moteurs accouplés délivrant une puissance globale de 500 ch avec une puissance exigée de 750 volts. Le régime des hélices devrait être beaucoup plus bas que sur un avion classique. Qui dit électrique, dit également zéro émissions. À ce niveau, le vol devrait donc être propre. Naturellement, ce racer éprouvette devrait compiler un grand nombre d’informations au travers de 20 000 points de contrôle du groupe motopropulseur, de la data collectée sur la batterie, la température, la distribution électrique à propose des performances générales. Rappelons que le record de vitesse d’un avion électrique est de 210 mph. Le programme ACCEL est soutenu par le gouvernement britannique et associe de plusieurs partenaires, Rolls Royce étant le principal, les autres sont Electroflight, Yasa (fabricant de moteurs) et l’Aerospatial Technology Insitute.