Les gendarmes de l’Office central de lutte contre le travail illicite (OCLTI) ont débarqué dans les locaux de Chalair à Limoges et à Caen les 17 et 18 octobre, à la grande stupeur de tout le staff. Ils étaient armés comme en OPEX pensant sans doute être en face de dangereux terroristes. Il faut dire que l’on avait présenté son dirigeant, Alain Battisti, comme pouvant s’opposer à la perquisition… En fait, les forces de l’ordre intervenaient à la demande du procureur de la République de Limoges qui pensait avoir affaire à une opération de travail dissimulé, ce bien sûr dans le cadre d’une enquête préliminaire. Chalair serait soupçonnée d’employer sur la base de Limoges du personnel portugais (pilotes et PNC) employé par la société Leasefly, une compagnie de droit portugais avec un CTA portugais en bonne et due forme. En fait, Leasefly appartient au même groupe que Chalair, le groupe Adige. Quelques personnels de Leasefly ont remplacé des pilotes indisponibles de Chalair pour certaines rotations, comme cela existe dans un contrat classique d’affrètement entre deux transporteurs, et ce de manière occasionnelle. En effet, il existe deux types de personnels chez Leasefly : des salariés basés à Limoges et qui, comme le veut la loi, sont employés sous un contrat français et d’autres employés non basés à Limoges et disposant d’un contrat de travail portugais. Ce sont ces derniers qui auraient remplacé les pilotes français défaillants. Rien de plus logique pour un directeur de compagnie qui souhaite éviter à tout prix l’annulation d’un vol, le mécontentement des clients et la perte de crédibilité. Le magistrat doit donc vérifier si cette posture était permanente et, dans ce cas, cela contreviendrait à la loi. Le principal intéressé, Alain Battisti, se dit totalement serein et ne doute pas le moins du monde que la réalité de la situation s’affichera au grand jour. Il reste surprenant que le dirigeant puisse être présenté comme un homme capable de contourner la loi : son engagement au sein de la Fédération Nationale de l’Aviation Marchande (FNAM) et son militantisme en faveur de contrats français pour les pilotes de compagnies étrangères basés en France plaident pour lui. Le procureur de Limoges, n’étant peut-être pas au fait des pratiques et coutumes de l’aérien, a très certainement été bien informé par ceux qui ne vouent pas à Alain Battisti une longue et sincère amitié… « Des concurrents malheureux, voire des syndicalistes », estime-t-on dans l’entourage du président de la FNAM. JMB