Jusqu’au 19 mai 2016, le vautour n’évoquait pour moi qu’une bande dessinée et un charognard concupiscent, salivant à la perspective d’un cadavre potentiel. Mais ce 19 mai, un Robin DR40 semble avoir percuté un vol de vautours – et non de condors californiens comme chez Lucky Luke, faisant trois victimes. Du coup, on peut légitimement s’interroger sur la pertinence des stratégies d’évitement.

Nous avons retrouvé assez peu de récits de collision, le plus ancien remontant au 29 novembre 1973, un vautour griffon ayant percuté un avion commercial au FL370 au-dessus de la côte d’Ivoire. Le BEA rapporte qu’en juillet 2003, un vautour attaqua un planeur dans les Pyrénées. L’un et l’autre spiralaient dans une ascendance à 2 200 m par beau temps – vent calme, visibilité supérieure à 10 km, FEW à 2 300 mètres – lorsque le vautour replia ses ailes pour plonger sur le Centrair 201 B « Marianne » dont il brisa la verrière et percuta l’élève pilote, l’instructeur ramenant le planeur et l’élève évanoui. En 2012, de source non officielle, un Airbus A321, immatriculé EC-HUI, vol IB32, au décollage de Madrid aurait également percuté un vautour au FL180. Un accident non fortuit puisque l’Espagne compte la plus grande quantité de vautour en Europe : 95 000 spécimens recensés en 2008 (SEO Birdlife).

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