L’un des faits les plus marquants de cette édition EBACE 2016 est certainement la certification du HondaJet, obtenue de l’EASA le jour même de l’ouverture du salon de l’aviation d’affaires qui s’est tenu du 23 au 25 mai. Le président de Honda Aircraft Company, Michimasa Fujino, a reçu des mains de Patrick Ky, le grand patron de l’agence, son feu vert européen, 5 mois après la FAA. On peut aisément comprendre la grande satisfaction de Honda d’être parvenu au bout du programme alors que d’autres projets de moins grande envergure ont été empêtrés dans les exigences de certification. Le programme du HondaJet est une course de fond, commencée dans les années 2000 avec une étape importante en 2003 : celui d’un premier avion commercialisable… 7 ans plus tard, en décembre 2010, un avion conforme aux exigences de la FAA a pris l’air ; en mars 2011, il affichera une vitesse de 425 kt à 30 000 ft. Le plafond de 43 000 ft sera atteint un mois plus tard. La certification US sera obtenue en décembre 2015. Il faut saluer une certaine pugnacité puisque le programme a connu des retards, notamment en raison d’une mise au point moteur qui a dû être interrompue avant la mise en place d’un partenariat avec GE et Honda, ce afin de développer la version actuelle du moteur, le HF 120. Le HondaJet est surtout remarquable par son caractère innovant et plus particulièrement sa configuration OTWEM (Over The Wing Engines Mount) ; les moteurs sont montés sur pylônes qui sont installés sur les ailes. Cela permet de gagner un peu de portance, mais surtout à l’avion de s’affranchir de renforts structuraux présents sur les jets avec réacteur à l’arrière et fixé sur le fuselage. L’autre avantage est d’offrir une cabine plus vaste avec une soute plus grande et un niveau sonore très faible. La cellule est en nid d’abeille et en carbone et le profil à écoulement laminaire des ailes compense en partie la traînée liée à cette configuration. Il sera équipé d’une suite Garmin 3000. C’est l’Allemand Rheinland Air Service qui assurera la distribution en Europe. Quant à son prix, il est également intéressant : 4,33 millions d’euros pour 420 kt de moyenne.

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