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L’expérience me semble essentielle

Il faut être allé tout là-haut, au-delà des nuages, dans le seul endroit où la seule ombre qui subsiste est celle de nos ailes… Quand je m’en reviens d’un vol en jet, j’ai en tête cette phrase simple et juste, écrite par un ancien pilote de la bataille d’Angleterre, car elle dit ce que ressent l’équipage dans l’air rare de la stratosphère, lorsque le petit biréacteur trace au FL400+ une route orthodromique impeccable. La solitude : pas un nuage, pas un avion, rien que du bleu profond. Le confort aussi : les jets sont si simples à piloter que chacun a le temps de raconter sa vie entre deux vacations radio. La sécurité enfin car la probabilité de subir une double panne moteur sur un appareil moderne est nulle, certains ont même calculé qu’il est 35 000 fois plus probable de toucher le jackpot à Euromillion.

Avant l’aventure vécue ce mois-ci avec Olivier Demacon, je n’avais que peu volé avec cet instructeur. En 2012, lors d’une QT Mustang C510, ce dernier m’avait initié à la philosophie d’un biréacteur à la fois « single pilot certified », mais qu’il faut piloter à deux en cas de panne, et au fait qu’il était « idiot proof », ce qui se passe de commentaire. Notez que c’est antinomique et si vous êtes lucide, vous comprenez que vous serez en danger tant que vous n’aurez pas d’expérience.

Après avoir traversé l’Atlantique en 2013 à bord d’un Phenom 300 où Olivier assistait son propriétaire, je n’avais pu juger de son expérience car la routine l’avait emporté.

Et puis, parce qu’il lui manquait un copilote pour convoyer un Phenom 100 qui avait été submergé lors d’une mousson en Inde, un vol sous laissez-passer de ce fait, Olivier m’a enrôlé et, enfin, j’ai pu juger de son talent : lorsque les freins n’ont pas fonctionné à l’atterrissage à Belfast ; quand le train ne s’est pas verrouillé de nuit à Keflavik ; quand il a fallu déterminer la cause d’une panne réacteur ; lors d’un posé sur piste gelée à Kangerlussuaq, etc.

Ce vol a été passionnant, j’ai compris dès la première alerte l’expérience de mon commandant de bord, sa culture technique, sa capacité à réagir immédiatement et sans se tromper. Et si l’avion a été livré « presque » à l’heure à son propriétaire américain, c’est parce que cette mission avait été confiée à un pilote qui avait des centaines d’heures sur Phenom 100 et 300 et connaissait ses systèmes dans les moindres détails, bien que ces avions soient réputés « idiot proof » tous les deux.

J’ai pensé vous raconter cette histoire, non pour affubler d’une couronne de gloire l’ami Olivier – il n’en a pas besoin, mais pour dire l’importance de l’expérience, ce que tous les opérateurs d’avions de ligne semblent oublier maintenant que la disette en pilotes est bien réelle. J’en veux pour preuve le fait que je me suis fait traiter de « vieux » (le c… n’était pas loin) lors d’un dîner par la direction « amie » d’une école de pilotage professionnelle IFR, celle-là même qui m’a formé dans les années quatre-vingt-dix et que je chéris toujours.

Mais qu’avais-je dit d’insupportable à entendre ? Qu’il me semblait anormal que les compagnies aériennes majeures soient contraintes d’embaucher des pilotes avec encore du lait derrière les oreilles. Un sentiment né de conversations avec des CDB qui se plaignent de copis « qui se savent rien faire » et des jeunes lecteurs que je croise sur la plate-forme de Lognes et qui me disent leur joie de démarrer une QT Boeing dès la sortie de leur école.

Évidemment, je me réjouis pour ces derniers car ils n’auront aucun mal à rembourser leurs emprunts bancaires mais je me désole tout autant car ils ne tireront aucun bénéfice des années qu’ils auraient pu vivre à rattraper les erreurs de leurs élèves, puis à opérer un King Air ou un Mustang pour des passagers exigeants sur des destinations improbables, ensuite un ATR pour une compagnie régionale dont la devise pourrait être « Aide-toi, le Ciel t’aidera », en résumé toute l’expérience sine qua non pour être embauché chez Air France ou easyJet il n’y a pas si longtemps que cela.

Mais, au fait, je suis bien bête de m’en faire : l’idée à la mode n’est-elle pas de supprimer le siège des pilotes dans les cockpits ?

Jacques Callies

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