À une époque où les grands constructeurs mondiaux s’affrontrent dans une lutte économique sans merci, le grand public, voire certains « fréquent flyers » trouvent désuet de voler dans un avion à hélices… Le développement d’ATR et le succès de ses appareils montrent la pertinence d’une aviation non jet destinée aux liaisons courtes, moderne et économe en carburant. Finalement, l’ATR n’est que l’un des dignes héritiers du DC3 et ses 33 places qui ont lancé l’aviation commerciale aux USA. Bon, en fait, avant les ATR, il y avait déjà les Fokker 27, les Jet stream avec certes une capacité de 30 passagers max. ATR a pris le marché de ces petites liaisons régionales dans le monde. Fokker s’est orienté vers les Jet, le 70 et 100. Le premier vol d’un ATR, un 42-300, remonte au 16 août 1984, aux mains du chef des essais, Gilbert Defer, qui avait travaillé avec André Turcat sur le… Concorde. Au salon du Bourget suivant, ces nouveaux appareils ont connu le succès tout de suite. La première commande est pour Cimber Air en 1982. Air littoral sera la première compagnie livrée… En dépit de l’intérêt des compagnies comme Brit Air et Regional pour le jet sur des liaisons régionales ( pas particulièrement économes, mais plus chic ), ATR se développe avec la TAT et Airlinair. Chalair dispose également de ses ATR. Toute cette aventure industrielle et aéronautique est fort judicieusement racontée avec passion par un pro de l’aérien, Michel Polacco, ancien directeur de France Info, secrétaire général de Radio France, etc. Il nous livre des milliers d’informations, des anecdotes personnelles ou pas, un livre d’histoire très instructif. Editions Privat, prix public 32 euros.