La politique d’affrètement d’Air France ne suscite pas que l’enthousiasme général quand celle-ci s’adjoint les services de la compagnie espagnole Wamos Air pour ses vols long-courriers. Même si nécessité fait loi, le choix de Wamos Air n’est pas au goût des quelques PNC d’Air France qui sont envoyés faire ces vols en compagnie des PNC espagnols de Wamos. Les Français découvrent l’appareil en général à la dernière minute, ils ne sont pas lâchés sur l’avion, ce qui limite sensiblement leur rôle opérationnel à un rôle de représentation commerciale. Cela s’est produit samedi 10 février pour le vol AF 498 à destination de Saint Martin. Selon les PNC concernés, aucun service à bord n’était prévu et le message de ce changement de dernière minute était affiché sur un bout de papier en salle d’embarquement. Quant à l’avion, il a simplement été qualifié « d’avion-poubelle » par le personnel. Du côté des passagers, c’est aussi la mauvaise surprise : certains d’entre eux ont tout simplement refusé de voyager dans ces conditions. Sur la toile, malgré la prudence de mise concernant les avis de passagers, les usagers de Wamos ne semblent pas les plus heureux : prévenus la veille du changement par SMS, personnel de bord désagréable, avion vétuste, programme de distraction hors d’âge… De surcroît, le 10 février, l’avion a décollé en retard à cause de problèmes techniques. Wamos Air est le nouveau nom de Pullmantur air. «Le contrat de transport est respecté, mais dans quelles conditions ! Je suis convaincu que nous sommes très loin de respecter les critères indispensables de l’alliance Skyteam. Nous ne sommes pas là pour faire de la représentation commerciale. On transporte mal les passagers, pas au standard des vols habituels en tout cas. Nous sommes exposés à la colère de nos clients et on entend souvent : plus jamais Air France. C’est toute l’image de la compagnie qui est dépréciée et c’est aussi un moyen de contourner la grève des mécanos de la compagnie », explique ce PNC dépité.