J’entends souvent dire que les pilotes survivent à leur formation. C’est exagéré, mais il arrive que nous fassions des erreurs quant à la gestion d’un vol, et ce malgré une expérience récente, les heures de vol accumulées et les bons conseils donnés par nos pairs. Pour les pilotes, la catastrophe survient quelquefois parce que l’on a pris la mauvaise décision avant d’entreprendre le vol. Elle nous amène droit sur les lieux du crash ou elle nous en a fait nous en approcher de si près que c’est insupportable rétrospectivement.

C’est l’été, je viens de passer en famille trois semaines de vacances sur un terrain de vol à voile des Alpes du Sud. Pendant la majorité du temps, notre avion est resté bâché, ne s’ébrouant que pour un seul court vol local, nous avons passé notre temps dans le cockpit d’un planeur. Nos quatre enfants sont avec nous, mais nous ne pouvons jamais voyager tous ensemble, faute de place dans notre Cessna 172. Je pense bien sûr à acheter un jour un Centurion ou peut-être un Cherokee Six mais l’idée de me séparer de ce premier avion m’en empêche à chaque occasion qui se présente. En plus, nos enfants mènent généralement leur propre vie, ils vont poursuivre leurs vacances dans la famille sans nous car nous devons rejoindre Paris et le bureau.

Le jour du départ, Rose, ma femme, et moi préparons soigneusement l’avion pour le départ et chargeons les bagages. Il est plein à craquer car les enfants sont partis de leur côté avec chacun un baluchon minimaliste. Nous ne sommes pas à la masse maxi mais notre Cessna est de ce fait quand même bien chargé.

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