Dans quelques semaines (voire quelques mois), la réglementation aura très certainement cessé de faire couler de l’encre inutile. C’est du moins ce qu’espère Sébastien Perrot, président de la FFPLUM pour qui le dossier du poids des ULM doit être classé… Aujourd’hui, le milieu attend la position officielle de la DGAC qui a peu de chance de diverger d’une augmentation de masse maxi à 500 kg, 525 kg avec un parachute. Au grand dam d’un certain nombre de constructeurs, c’est l’argumentation technique des ingénieurs qui a prévalu dans la position conjointe de la FFPLUM et de la DGAC sur celle des « marchands ou des juristes ». Pour mémoire, le passage à 600 kg en augmentant la vitesse de décrochage à 45 kt au lieu de 35 kt représente un accroissement de la vitesse de 30 % et un doublement de l’énergie cinétique. Or, c’est bien ce critère de l’énergie lors d’un impact qui a sous-tendu le mouvement ULM depuis des années. On peut comprendre qu’un doublement soit devenu hors de propos pour les dirigeants de la FFPLUM et de l’administration.

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Nous y voilà ! Que de mails, de coups de téléphone, de journées et de nuits trop courtes ! Ce réveil aux aurores sent un doux parfum d’excitation. Le jour se lève sur un ciel dégagé sans brumes et brouillards. Tout le monde est sur le pont. Point de retardataires. Les avions, les voitures qui suivront le raid ainsi que les hommes sont prêts à démarrer une semaine d’aventures pour redonner des ailes au monde de l’hydraviation. « L’hydravion pour relier les hommes. »

Tout Raid Latécoère, commence par un bon briefing. Le directeur des vols présente, sans grandes difficultés la météo, les NOTAM, la route suivie. Nous volerons en patrouille lâche, une seule radio, un seul code transpondeur. Une étape est prévue à Muret pour ravitailler. Le briefing concernant l’amerrissage sur la retenue du Mancies dans un bras de la Garonne, près de Carbonne, demandera un peu d’attention car le terrain de jeu est bien différent du lac de Biscarrosse. De plus, il convient de respecter l’arrêté préfectoral d’autorisation d’hydrosurface.

Il est temps de partir car beaucoup de monde nous attend, il faut donc respecter le timing.

Alors que les deux Seamax ULM règlent un problème technique de dernière minute concernant une batterie récalcitrante, les trois PA-18 d’Aquitaine Hydravions s’alignent sur la piste 27 pour un décollage à 10  secondes. La patrouille se forme en vent arrière cap à l’est. Le lac est magnifique, un vrai miroir où se reflète un ciel sans nuages. Sous les regards de nos amis et familles au sol, nous abordons déjà la mer de pins qui déroule sous nos ailes. Nous montons à 3 000  ft et c’est à 91 kt de Vs que nous atteindrons Muret.

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